Vous connaissez le principe de la compression du Jpeg ? À chaque enregistrement la photo perdra en qualité. C’est un peu semblable ici, le Lomo LC-A est une copie bon marché des Cosina CX-1 & 2, qui eux aussi sont des inspirations des Minox 35. Pour posséder une variante de chaque marque, je vais pouvoir vous proposer un petit comparatif croisé.
revue du Lomo LC-A

Une précision avant de commencer.

Le Lomo LC-A n’est pas de la marque Lomography. Il fut commandé par le Général Kornitski dans les années 80 qui souhaitait une copie des Cosina CX.

Le marchand que l’on connait actuellement sous le nom Lomography provient du fabricant Lomo, qui fabriqua le LC-A. Les dirigeants de la société Lomography se lanceront car ils ont eu un coup de coeur pour notre sujet du jour. D’ailleurs le LC-A+ qui est actuellement vendu sur le site de la marque Autrichienne est une évolution de celui que je teste.

Du point de vue de la fiche technique.

  • Dimensions: 107 cm de longueur x  68 cm de hauteur x  43,5 cm de profondeur.
  • Poids: 250 gr (nu)
  • Optique / Monture: 32mm
  • Focus minimum: 0.8m
  • Obturateur: 2sec à 1/500s
  • Ouverture: f/2,8
  • ISO: 25 à 400.
  • Autofocus: Non, mise au point par zone.
  • Flash: Externe.
  • Retardateur: Non.
  • Batterie: 3 piles SR44.

Made for U.R.S.S.

Si je parle de cela c’est pour exprimer le fait que mon Lomo LC-A est une variante pour le marché interne Russe. Cela implique que le réglage d’une pellicule n’est pas représenté en ASA mais en GOST. Aucune panique si vous tombez sur cela, Il suffit de comprendre l’équivalent de chacune des valeurs.

  • ASA : 25 = GOST : 22
  • ASA : 32 = GOST: 28
  • ASA : 64 = GOST : 56
  • ASA : 100 = GOST : 90
  • ASA : 200 = GOST : 180
  • ASA : 400 = GOST : 360

Autrement il est légion de trouver un Lomo LC-A en ASA pour l’exportation.

Les cousins germains.

Dire que le Lomo LC-A est inspiré des Cosina CX 1 & 2 est un doux euphémisme. Dès la première prise en main, ce qui saute aux yeux c’est la partie haute du compact. Inscription, déclencheur, sabot flash, manivelle, tout est identique !

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Les différences esthétiques viendront surtout en façade. Alors que pour dévoiler l’optique du CX il faut pivoter la protection, le Lomo LC-A dispose lui d’un bloc fixe. Révéler l’objectif demandera de passer son index sous l’appareil, un bouton poussoir offrant la solution. Il est important de savoir que l’appareil empêche tout déclenchement s’il est pas déployé.

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Par conséquence alors que le Japonais Cosina permettra un focus en faisant la manipulation par le bas, le LC-A russe lui usera de la partie droite. La gauche servant à choisir le mode Auto ou à priorité ouverture.

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Si on doit reprendre le Minox 35, qui est à l’origine de cette mode du 35mm format de poche, on remarque vite que c’est le jour et la nuit. La construction est toujours en plastique, mais celui du LC-A fait beaucoup plus bas de gamme et « cheap ». La finition est aussi plus grossière, il y a par exemple du jeu au niveau du capot au dos. Résultat ? Un Minox rentrera bien plus facilement dans un jean, ce qui sera très inconfortable par contre avec le Lomo LC-A.

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Il en va de même pour la puissance technique. Alors que la caméra d’U.R.S.S  se cogne à un mode zone focus par exemple, le Minox Allemand déploiera un excellent objectif avec contrôle précis de la mise au point. En bref le premier est un bijoux de maîtrise, alors que le second est bon marché.

Une optique bonne à tout faire.

C’est la réputation qui ressort lorsque l’on parle de la focale 32mm avec une ouverture non négligeable à f/2.8. Chose utile alors que l’appareil Communiste ne va pas au-delà du 400 ASA. D’ailleurs l’objectif Minitar-1 est à la fois une force ou une faiblesse, cela dépend du photographe. Elle est réputée pour son fort vignettage et son rendu saturé, ce qui plaît forcément aux Lomographes et moins aux perfectionnistes.

Le mode priorité ouverture permettra d’ailleurs de jongler entre cette valeur et la plus petite de f/16. Si vous agissez ainsi l’obturateur se bridera à 1/60s. La vitesse qui d’ailleurs n’excédera pas 2 secondes au plus long et 1/500s au max en mode auto.

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Le Lomo LC-A est un petit gourmand !

Pour alimenter la cellule, il faut nourrir le Lomo de 3 piles SR44 ! Une de plus que le CX-2 en comparaison. Pour définir la valeur ASA il suffit d’utiliser une petite roue crantée située en haut à droite de la façade. Une fois cela fait vous disposerez de deux indicateurs sous forme de diodes dans le viseur. Celle de gauche permet de savoir si la batterie est alimentée et celle de droite informe d’une photo qui sera prise à moins de 1/30s.

Un viseur à la diète.

C’est un détail mais je voulais vous informer. Le viseur du Lomo LC-A est petit, pas inutilisable, mais loin ironiquement d’un Minox pourtant plus compact. Le Cosina CX-2 est aussi plus grand, mais la différence est moins violente.

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Le Lomo LC-A se situe en haut à gauche, on le reconnait ici car il dispose d’un logo avec la mention « C.C.C.P ».

Sur le terrain.

Exemples réalisés avec une pellicule Lomography Color Negative 400

Une ergonomie bien développée.

Je sais que c’est une affaire de goût, mais les choix ergonomiques du Lomo LC-A me semblent judicieux. Vous le savez aussi bien que moi, il faut être rapide pour de la photo de rue. Et à ce jeu le « Cosina Russe » s’en tire bien. Dès le départ j’ai su instinctivement positionner mes doigts pour l’ouvrir, le régler et déclencher. Le volet de protection, plus petit que le CX-2, se déploie rapidement. La mise au point par zone coule de sens rapidement en fonction de la distance.

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Un bon compagnon de route.

C’est peut-être dû à son aspect bas de gamme et son petit prix, mais je n’avais pas peur de le trimballer au milieu de la foule. Les chocs divers et variés ne sont pas venus à bout d’un pépère qui a du vécu visiblement. Aussi le choix du focus se limitant à 4 choix, on prend vite le pas de le laisser sur infini et de réajuster au besoin. Le Lomo LC-A est rapide à exécuter et le viseur rappel à la base, sous forme de pictogramme, quelle distance sert à quoi.

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Oui j’en ai un peu bavé pour faire une macro du viseur.

On peut faire de la multi-exposition, mais ça sera pas le top.

Pas de discrimination la mécanique simple du Lomo LC-A, avec son avancement non motorisé, lui permet le débrayage pour la multi-expo. Seulement on en revient encore une fois à son aspect « cheap ». La manivelle de rembobinage n’est pas précise, il y a du jeu. Donc quand on doit retendre un peu le film pour le 2ème passage, la pellicule risque quand même d’avancer. Car elle n’est pas totalement coincée en interne. Aussi le manque de repère dans le viseur n’aidera pas à faire des compositions précises.

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Exemple de réalisation d’une photographie en double-expo avec le Lomo LC-A.

Forcément ça claque !

Aucune surprise, le rendu est clinquant. Les images vont proposer dans la majorité des cas un vignettage assumé. Le contraste sera aussi au rendez-vous, le Minitar-1 délivre des photographies qui parfois dissimuleront des détails. C’est d’autant plus probant avec la pellicule Color Negative 400 que j’ai pu user. Les couleurs seront vives dès qu’un peu de lumière fera son apparition. On aime ou pas, mais ça offre une ambiance particulière par moment.

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Conclusion sur le Lomo LC-A.

J’apprécie.

  • Sa rapidité d’emploi.
  • La possibilité de faire de la multi-exposition.
  • Le vignettage, oui c’est pas censé en être un, mais on l’aime pour cela.
  • Sa légèreté, le plastique c’est fantastique.

Je regrette.

  • Sa construction « cheap ».
  • La limitation à 400 ASA.
  • Le manque d’un repère dans le viseur pour la multi-expo.

Quelques alternatives.

Le Lomo LC-A sur eBay