Instagram, 500px, Flickr et j’en passe surement une bonne partie, on veut tous engranger des vues et des followers. Les réseaux sociaux spécialisés dans la photographie sont nombreux et tous proposent des systèmes anti-copies. Ces derniers sont la pour rassurer une crainte commune à chaque déclencheur en herbe, le vol des images. Nous allons voir que malgré les protections et la meilleure volonté des développeurs, il existe pas encore de véritable solution vol de photos. Néanmoins des astuces sont possibles pour réduire le risque d’être une victime.
lutter contre le vol de photos sur les réseaux sociaux

Pourquoi cette pratique est un véritable problème pour chaque photographe ?

Les motivations sont diverses et rarement juste pour utiliser la photo en fond d’écran sur son smartphone.

Au choix vous pouvez tomber sur:

  • De l’usurpation d’identité pour commettre une arnaque en se faisant passer pour le propriétaire d’origine.
  • De la réutilisation sans autorisation pour vendre les images sur le web via un support type Redbubble ou Society6.
  • Ou même la réutilisation dans un portfolio d’un fauxtographe afin d’arnaquer des modèles/clients

J’ai eu plusieurs exemples au cours de ma petite existence. Je vais vous montrer un cas léger pour commencer, via des captures que j’avais fais pour avertir le vrai propriétaire. Pour le coup c’est juste grossier et gentiment stupide puisque c’était simplement une demoiselle qui avait repris un cliché d’un photographe de mon coin en prétendant que c’était la sienne.

lutter contre le vold de photos sur les réseaux sociaux
lutter contre le vold de photos sur les réseaux sociaux

Lien vers la photo d’origine de David Keochkerian

Bref rien de méchant cette fois car il y a pas l’aspect financier en jeu, mais c’est pour dire que les profils des auteurs des vols sont variés.

Non, supprimer le clic droit n’empêche pas le vol de photos.

Méthode la plus commune aux plateformes de diffusion en ligne, le blocage du clic droit est la solution grand public. Il aura comme effet de bloquer un voleur du dimanche qui possède peu de connaissance sur l’utilisation du web.

Je vous vois venir en disant que moi même j’en utilise un ! Mais ce n’est pas la seule solution que j’emploie pour dissuader la Team Rocket et vous verrez plus bas que lié avec d’autres cela peut-être assez décourageant pour qui voudrait vous embêter.

En attendant je vous montre rapidement sans entrer dans les détails (je vais pas donner la clé du coffre non plus) les façons de contourner facilement cette protection, mais surtout comment y remédier !

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Autre exemple plus grave, un fauxtographe utilise des photos volées afin de recruter des modèles débutantes pour des shooting nue/lingerie, avec une fausse proposition de rémunération pour achever de convaincre.

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Le voleur utilise une photo prise sur une page modèle en profil

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Et également en exemple un autre portrait à l’origine d’un photographe Nantais

Google Bot ce traitre !

Méthode simple pour un chenapan, Google est un ogre pour collecter les données sur internet, y compris les images.

Que votre travail soit sur Flickr, un webzine qui aime vos photos, ou simplement sur un site perso, il y a de grandes chances de la voir référencer. Google va analyser chaque page et faire le lien avec son auteur. Une simple recherche peu donc être une faille malgré l’anti-copie.

Dans mon cas je m’en sers à mon avantage pour le blog. Ainsi pour les articles, j’optimise le référencement aussi en insérant le nom de l’appareil dans le titre du jpeg pour qu’il soit trouvable facilement sur Google.fr. Exemple avec mon article sur le Canon A1

lutter contre le vold de photos sur les réseaux sociaux

Solutions:

  • Pour vos photos sur un site perso vous pouvez indiquer à Google que vous voulez que le portfolio ne soit pas scanné par le bot. Attention cela aura un impact pour vous trouver lors d’une recherche.
  • Ne pas nommer mais “coder” le titre de l’image est aussi une solution. Ainsi si Toto photographe ne veut pas être trouvé, il faut éviter de mettre sur les images “paysage-photo-toto-photographe.jpeg” mais un nom que l’on recherchera pas comme “img001pht.jpeg”. Bref une méthode de classement singulière.
  • Ne pas mettre non plus de texte alternatif avec le mot clé. Surtout utile dans un article de blog ou un Portfolio, le texte alternatif sert si un visiteur arrive pas à charger l’image correctement. Google bot peut aussi faire le lien entre ce texte et une recherche web, ne pas en mettre réduit le risque.

Une image = une adresse.

Pour faire simple chaque image que vous mettez sur un site va être stocker sur un serveur. Pour l’afficher dans le navigateur une requête va être envoyée au serveur. Et pour cela il passera par cette fameuse adresse qui fait le lien entre les deux via la lecture du code de la page.

Donc pour qui voudrait se donner du mal il est possible d’inspecter le code html d’une page pour trouver la photo et la voler malgré la protection.  La ou c’est plus vicieux c’est que même si une image est compressé par le site à l’affichage, au final la version d’origine est encore en mémoire.

Un exemple ? Et bien c’est le cas de Flickr. Sur une page vous voyez une version rapetissé et ce n’est qu’en zoomant que l’on profite de la version plein format. Pour cela le réseau social utilisera 2 versions en 2 tailles. En fouinant dans le code on peut trouver la taille d’origine.

Le vol de photos avec Instagram ? Dans un souci de chargement rapide des images, le réseau social va diminuer les dimensions et compresser le cliché avant publication. En gros il fera passer la photographie par exemple de 1980px de largeur à 600px. On me dira que c’est pas exploitable pour de la revente ce format. Oui sauf que l’image est copiée aussi dans un format 1080 x 720 suffisante pour une réappropriation à de mauvaises fins.

Le principe est le même pour tous les sites spécialisés. Les développeurs font preuves d’ingéniosité pour corriger les failles, mais cela prend du temps. En attendant voici des conseils pour limiter la casse.

Solutions:

  • Réduire via un logiciel d’édition avant exportation la taille de la photo. En envoyant une image de 600px vous êtes certain qu’elle ne pourra pas servir à un compte fake (hors Instagram).
  • Vous pouvez en plus diminuer le poids ! Trouver un équilibre en faisant des tests ou en utilisant la fonction “exporter pour le web” de Photoshop. En agissant ainsi, avec la méthode précédente, vous empêchez un emploi sur des sites comme Redbubble ou Society 6 qui demandent un format et une qualité précise. Le voleur devra agrandir numériquement la photo ce qui va la rendre simplement dégueulasse.

Si Photoshop, Lightroom etc ne vous parle pas, je vous encourage à télécharger la version gratuite de Polarr. Logiciel simple proposant une interface épurée avec les fonctions de base. Au moment de l’exportation vous avez le choix de la taille et du poids à donner à la photo, c’est rapide d’utilisation. Bien entendu si vous voulez l’utiliser à 100% de ses capacités il faudra prendre la version payante, des fonctions sont bloquées de base. Noter que vous pouvez le faire en ligne depuis le navigateur ou en passant par la version gratuite sur Windows, Mac, Chrome OS et Linux !

Le copyright visuel entre contrainte et volonté

Forcément face à cela on peut vouloir mettre un gros copyright “TOTO PHOTOGRAPHY PAS TOUCHE OU JE TE BUTE” en grand format, opacité 100% au centre de la photo. Le souci est que déjà c’est moche, cela gâche la découverte de la photographie et donc réduit à néant la volonté de partager efficacement.

En installer une version en plus petit en bas de la photo est inutile car il suffit de recadrer l’image. J’y trouve une utilité uniquement dans un cadre promotionnel. Tomber sur une image dans un blog qui la partage avec votre nom/pseudo peut donner envie de chercher plus sur vous.

En général, vérifier par soi-même les copies sur internet

Il existe des outils pour contrôler si il y a une utilisation frauduleuse de vos propriétés sur Internet. Mais cela va demander de votre part de mener les recherches photo par photo, il en relève donc de la motivation.

Ils s’appellent Google Images ou encore TinEye et permettent via l’upload d’une image de scanner le web à la recherche d’une source utilisant une copie.

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Instagram la solution de partage finalement la plus intéressante ?

Vous comprendrez avec cette lecture que non on ne peut pas (encore) se protéger efficacement contre le vol de photos. Je n’ai pas évoqué volontairement les applications et les logiciels qui peuvent d’une simple action aussi exécuter une copie.

En partant de cela et en suivant les recommandations au dessus, Instagram me parait une bonne idée.  Ce n’est que ma conclusion et toujours dans l’optique de se faire connaitre. La ou Flickr et 500px vont chercher à conserver au max la qualité du cliché uploadé, Insta voudra juste compresser pour un chargement rapide. Les concurrents doivent séduire des pros exigeants alors que le second prend aussi bien en compte le selfie de Morgane BG de son lycée, que Marc Antoine reporter de guerre sur Mars.

C’est cette diversité qui peut être une force car justement il va pas se soucier d’une optimisation pour un emploi grand format mais juste pour son application mobile d’origine. Ok c’est pas le meilleur pour en mettre plein les mirettes mais cela rejoint ma dernière solution.

Je terminerai en disant que IG est le second réseau social le plus populaire après Facebook. Donc la plateforme “photo” donnant accès à un plus large panel de visiteurs que ses concurrents. Ce qui peut avoir un intérêt.

Crédit Image à la une: Freepik.com